La victoire de Donald Trump a mis en lumière Elon Musk qui l'a soutenu durant la campagne et est arrivé à la tête du DOGE, un ministère de l'efficacité gouvernementale créé (presque) pour lui.
Cette nouvelle corde à son arc a été dans un premier temps bénéfique à Tesla avec une forte poussée de sa valeur en Bourse qui a permis dans le même temps à Elon Musk de disposer d'une fortune personnelle de plus de 400 milliards de dollars, du jamais vu.
Mais ses actions controversées au sein du DOGE autant que l'omni-présence de déclarations péremptoires sur son réseau social X en font un personnage de plus en plus polarisant, voire rejeté par l'opinion.
Après l'euphorie, la déconvenue
Pour Tesla, qui se posait déjà la question du maintien d'Elon Musk à sa tête, le retournement est d'autant plus rapide que Trump s'est rapidement montré plutôt hostile aux véhicules électriques, tandis que l'image de Musk commence à sérieusement poser problème pour les ventes du constructeur.
Avec une nouvelle chute de 8% de sa valeur en Bourse, dans le contexte des tiraillements économiques imposés par Donald Trump et son utilisation de l'augmentation des tarifs douaniers pour imposer ses vues, la capitalisation de Tesla est repassée sous les 1000 milliards de dollars.
Les restylages ne suffisent pas à relancer les ventes
A 300 dollars environ, la valeur de l'action a reculé de 20% depuis le début de l'année, même si elle reste élevée après avoir atteint un record à plus de 480 dollars en décembre dernier.
La fortune personnelle d'Elon Musk s'en ressent avec un recul de 100 milliards de dollars depuis le reflux. Il reste l'homme le plus riche du monde avec une estimation de 380 milliards de dollars.
La personnalité d'Elon Musk n'est pas seule en cause. Si elle peut influer sur la baisse des ventes de véhicules électriques Tesla, d'autres éléments adverses sont à noter.
La conduite autonome, opportunité autant que défi
L'année 2024 a été compliquée pour la firme qui a affiché pour la première fois une (légère) baisse de ses ventes de véhicules électriques, entre absence de nouveaux modèles, baisse des aides financières à l'achat sur plusieurs marchés et rejet des actions d'Elon Musk.
Le constructeur continue de patiner sur la conduite autonome, promise depuis des années mais qui peine à atteindre un niveau d'autonomie suffisant. La mise à jour poussée en Chine a déçu, peut-être du fait de données insuffisantes sur les routes chinoises qui rend le système moins performant.
Le concurrent BYD, en proposant gratuitement sur ses véhicules électriques, des fonctionnalités payantes chez Tesla, constitue également une menace non négligeable.
La question du maintien d'Elon Musk à la tête de Tesla alors qu'il est très occupé ailleurs va sans doute se reposer avec toujours plus d'insistance chez les actionnaires. Sans forcément l'écarter, placer à la tête de l'entreprise une personne plus neutre et au profil de gestionnaire rassurerait probablement.