Grand amateur de l'outil de la hausse des tarifs douaniers depuis son investiture en janvier, Donald Trump va mettre sa menace à exécution dans le secteur automobile.

Les véhicules non produits aux Etats-Unis seront donc taxés à hauteur de 25% (en plus des tarifs déjà en place) à partir du 2 avril 2025 et tant pis pour le constructeur Tesla qui devrait aussi en faire les frais, ses plus gros sites de production étant hors des USA, alors même que l'entreprise affronte des vents contraires marqués par la baisse de ses ventes en Europe et en Chine et un boycott anti-Musk de plus en plus visible.

La hausse des tarifs douaniers concernant aussi les éléments de véhicules produits ailleurs et importés aux USA pour assemblage final, le périmètre de ces nouvelles mesures est large et veut rapporter gros au gouvernement tout en forçant à la relocalisation de la production.

Tesla choyé un jour, fragilisé l'autre

Mais ce changement des règles du jeu, censé protéger l'industrie automobile américaine, pourrait en fait avoir aussi des effets négtifs sur les constructeurs américains, estiment les analystes. Dans tous les cas, des hausses de tarifs sont à prévoir.

Tesla Donald Trump Elon Musk Maison Blanche

Mis en valeur il y a une semaine lors d'une démonstration de soutien à Elon Musk à la Maison Blanche, le constructeur de véhicules électriques n'est donc pas épargné par les mesures du nouveau président des Etats-Unis.

CNBC indique que le dirigeant de Tesla n'a pas été mis dans la boucle de la décision de la hausse des tarifs douaniers automobiles, malgré son rôle au sein du DOGE, le ministère de l'efficacité gouvernementale, pour ne pas prêter le flanc à la critique d'un conflit d'intérêt.

C'est aussi une mauvaise nouvelle pour les constructeurs automobiles européens présents sur le marché nord-américain alors qu'ils sont déjà confrontés aux difficultés de la transition électrique et à une concurrence chinoise qui profite d'un temps d'avance.

Une riposte Europe-Canada ? No way !

Et gare à ceux qui voudraient riposter, même si ce sont des alliés. La perspective d'une action commune entre le Canada, qui ne veut décidément pas devenir le 51ème Etat des Etats-Unis, et l'Europe, nouveau bouc émissaire de Trump, en réponse à cette hausse des tarifs douaniers automobiles, rend le maître de la Maison Blanche encore plus agressif.

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Conformément à ses habitudes, il promet déjà des hausses de tarifs douaniers bien plus importantes en cas de plan concerté entre le Canada et l'Europe contre les USA.

La président de l'Union européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué vouloir privilégier des solutions négociées tout en préservant les intérêts économiques du Vieux Continent. Même son de cloche au Canada qui se sent de plus en plus d'affinités avec l'UE face à l'hostilité de son voisin.

Il reste cependant à voir si cette hausse des tarifs douaniers sera maintenue dans le temps. Donald Trump l'a plusieurs fois agité dans d'autres secteurs, l'a mise en application avant de la retirer peu après une fois des concessions obtenues.

L'Europe, de son côté, a bien compris qu'elle était devenue une cible et ne peut plus guère espérer de position bienveillante de la part des Etats-Unis. Les actions se multiplient pour reprendre la main sur son destin et regagner son indépendance face aux menaces multiples qui l'environnent désormais.

Source : CNBC